Varanasi

Il est des villes - telle Bénarés – encore tellement imprégnées de prière, malgré l’invasion du doute moderne, que l’on y est est plus qu’ailleurs libéré d’entraves charnelles, et plus prés de l’infini » Pierre Loti

 Bienvenue dans l’une des villes les plus anciennes au monde !

 Ici, peu de temples, de forteresses spéctaculaires, ou de majestueux palais…mais une ambiance à nulle autre pareil ! (foi de Chauvinou !)

Vanarasi est le plus grand lieu sacré de l’indouisme ; tout comme le Vatican pour les catholiques, ou la Mecque pour les musulmans.

Nous sommes en plein cœur du point de rencontre entre le monde physique et le monde spirituel ; dialogue incessant entre les petites réalités de ce monde et un sentiment d’éternité.

C’est une ville inspirée, et inspirante, ou enfin nous discernons « la mentalité » indienne et surtout la puissance de la religion sur les modes de vie et de pensée. On perçoit ici l’essence même de l’inde.

Chaque année, 3 à 4 millions de pèlerins (60000/jour) viennent effectuer leurs ablutions rituelles dans le gange pour se « décrasser » l’âme. Les eaux du fleuve étant censées laver de tous les pêchers accumulés au cours des vies passées. Mais ce n’est pas tout … ici, plus qu’ailleurs la mort est présente ; elle fait partie de la vie. Les indiens viennent mourir en masse dans ce lieu saint.

Rendre son dernier souffle à Bénarés, c’est en finir avec le cercle des réincarnations (le samsara) et atteindre sur le champ la moksha (équivalant ici du nirvana bouddhiste).

Bref, nous voila dans le cœur palpitant de l’indouisme, ville ou s’exprime avec la plus grande ferveur, les croyances de prés de 900 millions d’individus.

Certes, après la réunion est ses indiens qui font peur avec leur gros yeux qui tournent (ils m’ont traumatisés !) après la birmanie, après un mois passé en inde (…) il n’a pas été trop difficile pour nous de laisser de côté nos mentalités occidentales !

Car quand même… vanarasi, c’est aussi :
- - une concentration maximale de vaches sacrées (sacrément folles) dans des ruelles d’1,50M
- - Certaines de ces ruelles entièrement recouverte d’excrément (de vaches de chien de biquettes, et même probablement de … non, chut !) … en savate… c’est très drole … et ca glisse !
- - Des suceurs de fric (mais moins qu’a Agra)
- - Des mendiants, des estropiés, des mourants, des moignons, des prothèses, …
- - Des rats, des déchets, de la merde, des odeurs nauséabondes, dont celle de l’urine, et parfois même celle de la mort (prés des crémations) sont omniprésentes.
- - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Une fois ce premier choc « absorbé », comment ne pas etre happé par cette activité palpitante au bord du Gange ?

Comment ne pas ne pas percevoir la ferveur sacrée des cérémonies du soir ? Comment ne pas s’immerger dans ce flux humain, et ne pas observer toutes les petites choses improbables qui en font sa gaieté ?

et comment résister à l’envie de se perdre dans les venelles sombres et étroites, discuter avec les diseurs de bonne aventure, les vendreurs de réve ou les marchands de sommeil ???

…ou tout simplement, se sentir l’âme contemplative dans une parenthèse salutaire?!

Vous l’aurez compris, Vanarasi est mon coup de cœur. Je pourrais vous en parler des heures durant… mais je m’arrête ici, de peur de vous lasser…ou de vous choquez ?!

Chauvinou!